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CEDEAO : Moscou cherche à renforcer sa coopération régionale

CEDEAO : Moscou cherche à renforcer sa coopération  régionale
Alors que Sergueï Lavrov annonce un mémorandum entre la Russie et la CEDEAO sur la sécurité, la situation au Sahel impose de regarder le bilan russe sans slogan. Dans le même temps, la BIDC vient d’approuver plus de 510 millions de dollars d’opérations régionales.

Moscou revient avec une offre sécuritaire Le 17 août, Sergueï Lavrov a annoncé que Moscou prévoyait de signer un mémorandum de coopération avec la CEDEAO. À ce stade, il s’agit toutefois d’une annonce russe, et non d’un accord déjà signé.
Sur le terrain sécuritaire, le bilan appelle la même prudence. La coopération russe avec les États de l’AES n’est évidemment pas la cause unique de la crise jihadiste. Mais elle n’a pas non plus permis de renverser durablement la dynamique.
Le Global Terrorism Index 2026, fondé sur les données de 2025, classe le Burkina Faso 2e pays le plus touché par le terrorisme, le Niger 3e et le Mali 5e. Au Burkina Faso, les décès liés au terrorisme ont certes reculé de près de 45 % en 2025, mais le pays reste parmi les plus affectés au monde.
La CEDEAO dispose déjà de ses propres leviers Ce bilan sécuritaire oblige aussi à regarder au-delà du seul terrain militaire. En cherchant à renforcer sa coopération avec la CEDEAO, Moscou tente de s’imposer comme un partenaire régional plus large. Or, sur le développement et le financement des infrastructures, l’organisation ouest-africaine ne part pas de zéro.
Le 12 août, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO a ainsi approuvé cinq opérations représentant plus de 510 millions de dollars. Elles concernent notamment des routes, un hôpital et l’hydroélectricité en Guinée, des infrastructures au Ghana et le financement du secteur privé en Sierra Leone.
Ces montants correspondent à des opérations approuvées, et non nécessairement à des fonds déjà intégralement décaissés. Ils montrent néanmoins que la région dispose d’outils financiers propres capables de soutenir des projets structurants.
Un partenaire, pas un sauveur La Russie peut donc être un partenaire parmi d’autres. Mais ni son bilan sécuritaire dans l’AES ni les capacités financières déjà existantes au sein de la CEDEAO ne permettent de la présenter comme indispensable.
À l’organisation régionale de juger Moscou comme n’importe quel autre partenaire : sur ses résultats, et non sur ses promesses.

F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info

Sources : 
- Institute for Economics & Peace, Global Terrorism Index 2026, mars 2026
- Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO, « La BIDC engage plus de 510 millions de dollars US pour accélérer le développement en Afrique de l’Ouest », 12 août 2026
- Anadolu Agency, « Lavrov annonce la prochaine signature d’un mémorandum de coopération entre la Russie et la CEDEAO », 17 août 2026

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